mercredi 4 février 2009

Notation administrative.

Il n'y a pas que les élèves qui soient notés dans l'Education Nationale, il y a aussi les enseignants. Deux fois: par l'inspecteur de notre discipline, en ce qui me concerne une fois environ tous les sept ans, et par le proviseur, chaque année. La première note est qualifiée de pédagogique (elle porte sur la qualité de mes cours), la seconde d'administrative (elle concerne ma présence dans l'établissement). Cette semaine, j'ai reçu ma "notice annuelle de notation administrative". J'ai 39,2. Ça ne vous dit rien? Moi non plus!

Ce qui est plus parlant, ce sont les appréciations, d'abord détaillées en trois points: ponctualité/assiduité, activité/efficacité, autorité/rayonnement. Ne me demandez pas trop ce que ça signifie. Je n'en sais pas plus que ce qui est écrit. C'est assez subjectif. Je n'ai pourtant pas à me plaindre: j'ai trois "Très bien". Ça n'a pas toujours été le cas. En début de carrière, je n'étais pas très bien noté. J'étais ce qu'on appelle un turbo-prof, ne restant dans l'établissement que pour les cours. Pour le "rayonnement", c'était complètement raté. A ça s'ajoutait l'image de quelqu'un de discret, qui ne s'implique pas trop. Mauvais, très mauvais.

Je suis allé voir le proviseur, c'était il y a une douzaine d'années. Il m'a dit ce que je viens de vous dire. J'ai décidé alors de prendre ma revanche: on ne me voit pas assez? Eh bien, je serai le prof dont on parlera le plus, y compris en dehors de l'établissement. Je ne suis pas actif? Eh bien je deviendrai hyperactif. Et ça a marché! Il y a des petits blessures à peine narcissiques qui peuvent vous mener très loin.

Je vous livre maintenant l'appréciation générale de mon chef d'établissement: "Impliqué, sérieux et motivé, M. MOUSSET continue d'assurer un service de grande qualité fort apprécié des élèves et s'implique activement dans la vie de l'établissement".

La notice, en bas, demande à l'intéressé de prendre connaissance, de signer et d'apporter d'éventuelles observations. J'ai signé et j'ai failli ajouter: "Très vrai".

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Attention avec votre volonté d'être hyperactif, on croirait entendre Sarkozy...

Emmanuel Mousset a dit…

Je confirme que je m'appelle Emmanuel Mousset, et non Nicolas Sarkozy.

Anonyme a dit…

Té otan un bon prof ke jékri bien

Emmanuel Mousset a dit…

Les avis sont partagés.

Anonyme a dit…

Sergent mousset au rapport !

Emmanuel Mousset a dit…

Vous faites erreur: je ne suis que simple soldat de l'Education Nationale.

Anonyme a dit…

Bien intéressant, mais à croire dans ce système qu'il n'y a que les vieux profs qui peuvent être bons, tandis qu'on sait très bien que la notation administrative est faite par quelqu'un qui souvent n'a vraiment aucune idée de ce que tu fais dans l'établissement, bon ou pas, et que ton inspecteur est capable en une heure de déterminer si tu es un bon ou pas ? Et puis maintenant c'est au mérite à ce qu'ils disent, le mérite c'est quoi au juste ? celui qui fait plus d'heures pas payées, celui qui la ferme et qui ne fait pas de vague (bref un bon surfeur). Au lieu de nous décrire ce système, ne pourrais tu pas plutot nous dire s'il te semble juste, efficace ? un prof comme toi mais pas petit soldat de l'éducation qui a aussi des convictions que l'on piétine sans cesse, pourquoi dans ce cas par exemple, étant syndiqué ou copain d'un copain qui connait la bonne personne ton avancement sera meilleur que celui d'un autre qui fait son travail et plus dans la plus grande discretion avec la plus grande efficacité et avec conviction ?

Emmanuel Mousset a dit…

Ce système de notation est à réformer, à l'évidence. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut le faire, et proposer un autre système à la place. Et c'est là que ça devient compliqué. A tel point que certains préfèrent encore le bon vieux système actuel.

L'avancement ne se fait pas tel que vous le décrivez (le copinage, la proximité syndicale). Il répond à des critères très rigoureux, administratifs, dont l'application est contrôlée en commission paritaire. Ce n'est donc pas à ce niveau-là que se pose le problème de la réforme.

Sylvie a dit…

J'ai trouver ton blog par hazard et cela m'a interessée. Je suis une professeur d'economie au Portugal e je fais en ce momment une maitrise etudiant les modéles de évaluation en France, Angleterre et Portugal.En ce moment, au Portugal l’évaluation des enseignants est une question très polémique. Nous sommes évalués tous les 2 années para un professeur (situé a un niveau supérieur) qui doit observer 3 séances en relation à la planification, l’exécution de la séance, l’évaluation des élèves et le type de communication établi avec les élèves dans la salle et analyser le portfolio élaboré par le professeur, mais aussi para le Directeur qui vérifie les critères de activités réalisés hors de la classe, la formation obtenu durant l’année, la ponctualité, l’assiduité, la collaboration dans le projet de l’établissement, à travers de l’analyse du compte-rendu fait para le professeur.
En ce moment quelle est la legislation que s'aplique au enseignants.

Emmanuel Mousset a dit…

Merci Sylvie, ce que tu me dis est très intéressant.