vendredi 5 février 2010

Pré-vacances.


Déjà les vacances ! Je n'en reviens pas, Noël ne me semble pas si loin. C'est toujours comme ça : arrivé en février, j'ai l'impression de dévaler très vite une pente fatale qui me conduit sans m'en rendre compte jusqu'aux épreuves du bac. Signe de vieillesse, à coup sûr !

Les pré-vacances, c'est toujours périlleux. Les élèves sont là mais dans leur tête ils sont partis. J'ai parfois des corps sans esprits devant moi. J'exagère un peu mais il y a de ça. Hier, je me suis énervé grave. Nous terminions Lucrèce et j'ai plaisanté, en racontant l'un de mes sketches préférés : après la mort, j'aimerais devenir squelette dans une classe de biologie. Private joke : Lucrèce, chapitre III de son De rerum natura que nous avons quinze jours étudié, porte sur la mort. Sauf que rire avec les élèves les déconcentre aussi. Je commentais les dernières lignes de l'ouvrage, une élève était ailleurs, faisant je-ne-sais-quoi. J'ai gueulé, toute la classe a tremblé, peut-être même le lycée. J'étais furax.

Bon, ce matin, c'était plus marrant, mais involontairement. J'ai eu, en prononçant "complètement", une intonation aiguë sur le "plè"qui m'a échappé mais pas à la classe qui a rigolé. Dans ce genre de situation, il vaut mieux rigoler avec la classe, sinon c'est fichu. La classe d'après, la dernière heure, n'a pas été facile à tenir sur la fin. La difficulté d'une dernière heure, c'est surtout le dernier quart d'heure. J'ai quand même tenu bon. L'enseignement est un combat !

Avant de rentrer chez moi et de me dire que j'étais en vacances, j'ai cédé à la tradition, au rite personnel que je me suis donné à moi-même avant chaque départ en vacances : je passe au CDI et je choisis au hasard quelques bouquins. Voilà ce que ça produit (en vignette) : Michelet, parce que le Berrichon que je suis est toujours intéressé par la sorcellerie, Girard parce que j'ai souvent parlé de son grand ouvrage que je n'ai jamais lu, les Croisades parce que je suis fasciné par ce western oriental qui a poussé femmes et enfants à se ruer au Moyen Age vers Jérusalem.

Mais avant d'attaquer tout ça, je me suis lancé aujourd'hui dans la lecture du Club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel Guenassia, dont on parle beaucoup depuis sa parution, qui a reçu le Goncourt des lycéens mais qui fait ... 750 pages. Bonnes vacances, bonnes lectures !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

En ce qui me concerne, mon rite pour débuter comme il se doit des vacances bien méritées, consiste à lever un verre rempli d'une boisson alcoolisée à base de houblon...
A la vôtre!

Emmanuel Mousset a dit…

Si votre consommation se limite aux débuts de vacances, c'est bien, c'est raisonnable.

Anonyme a dit…

C'est bien vous écrivez correctement Moyen Age. Peu de gens savent bien l'écrire !