samedi 2 octobre 2010

Le gus et la choute.

Jeudi, ramassage des copies en S : je m'approche d'un élève qui n'a rien devant lui ; je lui demande où est son devoir ; il me répond qu'il ne l'a pas fait. Je lui demande pourquoi ; il me dit qu'il ne sait pas. Moi ce que je sais, c'est que ce gus va passer un sale moment en ma compagnie : je le conduis illico au bureau de la vie scolaire, pour le confier à la salle de permanence où il devra faire ce qu'il n'a pas fait. Mais pas question qu'il ait une bonne note : les rigolos, je les soigne à ma façon, afin de leur passer l'envie de rigoler.

Vendredi, avec les ES, en plein cours, une élève rigole. Je lui demande pourquoi. Elle non plus ne sait pas. Je lui fais remarquer que nous ne sommes pas dans un "concours de bouffonneries" (sic). La petite se sent insultée, agressée, outragée. Pauvre choute ! Elle aussi, je vais la guérir de son absence de raisons, à tel point qu'elle saura désormais pourquoi elle rit, de même que le gus se trouvera des motifs d'oublier son travail.

Le drame de l'Education Nationale, c'est que les enseignants n'osent plus dire leur fait aux élèves. On se soumet à la fausse morale du "respect", on craint les traumatismes soi-disant induits, on redoute les prudences de la hiérarchie, on craint les parents qui défendent leurs chers enfants, on fait dans la psychologie de bazar. La seule chose que mérite un élève, c'est de se voir infliger la vérité sur lui-même. Et le prof est là pour ça. Je m'y adonne par devoir et avec jubilation.

8 commentaires:

chttttt a dit…

en même temps , pas longtemps y a une fille qui a eu un fou rire , vous l'avez pas engueulé et dit sur votre blog.
Faut pas s'étonner que si une autre rit , et se fait engueuler , elle va se sentir agressé.
Parce que dans ce cas , l'autre fille qui s'est pas fait engueulé , ça s'appelle du "chouchoutage"

(et non , c'est pas méchant , mais faut dire aussi la vérité aux profs , et je le fais aussi avec jubilation)

Emmanuel Mousset a dit…

Je n'ai pas peur de la vérité. Je ne chouchoute personne mais je ne repère pas tout le monde en train de rire bêtement. Tant pis pour celles et ceux qui se font prendre ! Et puis, sur mon blog, je ne peux pas tout dire. Le mieux pour les élèves, c'est de ne pas rire du tout quand ils sont en classe (nous ne sommes pas au cirque) et de se contenter de travailler.

Anonyme a dit…

Vous plaisantez j'espère ?!!! On les connait les certaines personnes que vous favorisées (surtout celles qui font de la "politique" ) .....

Emmanuel Mousset a dit…

Est-ce que j'ai une gueule à plaisanter ? Je ne vois pas ce que la politique a à voir avec la philosophie. Vous me décevez. J'ai horreur du favoritisme.

chtttt a dit…

vendredi 17 septembre 20010 VOTRE BLOG

"L'incident passé, en deuxième heure, je ne sais trop pourquoi, l'élève en question est prise de fou rire et ne parvient pas à s'arrêter. Une mimique, un geste, un mot de ma part prêtant à rire ? Peu importe, je ne lui dis rien, ça ne me gêne absolument pas" .


Samedi 2 octobre 20010 . TOUJOURS VOTRE BLOG
"Vendredi, avec les ES, en plein cours, une élève rigole. Je lui demande pourquoi. Elle non plus ne sait pas. Je lui fais remarquer que nous ne sommes pas dans un "concours de bouffonneries" .

et là , c'est pas du chouchoutage que la 1ère n'a eu aucune remarque d'arrêter son " concours de bouffonerie ?" .

(après , je suis plus dans votre lycée , c'est votre blog qui montre les chouchous , c'est tout)

Emmanuel Mousset a dit…

Il y a deux sortes de rire : le stupide, le niais, qui ne correspond à rien, et le fou rire provoqué par ce que le prof a fait ou dit. Le premier prouve que l'élève est ailleurs, le second qu'il réagit à ce que je dis. Voilà pourquoi je refuse le premier et j'accepte le second.

chtttt a dit…

ah et en parlant de chouchou , la fille que vous aviez laissé aller dans le couloir l'année derniére (Adéle) parce qu'elle pleurait , ce que vous aviez dit que normalement , vous aviez pas le droit , et que pour un autre éléve vous auriez refusé , c'est pas du chouchoutage ,ça ?

Emmanuel Mousset a dit…

Non, c'est de la sensibilité : quelqu'un qui pleure, on ne peut rien lui refuser.