lundi 7 juin 2010

Souvenirs, souvenirs.




C'est la fin. Déjà. La rentrée, j'ai l'impression que c'était il y a trois mois. Et c'est comme ça depuis quelques années. Je m'y fais. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Je ne sais pas. En Littéraire, huit élèves étaient absents. J'ai pris la traditionnelle photo aujourd'hui (vignette 1), j'ai senti que je ne les reverrai pas (du moins pas tous). D'autant que les conseils de classe ont lieu ce lundi et mardi. Mais avoir résisté jusqu'à ce jour, garder la grande majorité des élèves, ce n'est pas mal. Il me reste à leur distribuer leur fiche d'oral du bac. Certains reviendront donc.

Les Scientifiques, c'est plié. Je ne les ai plus en classe entière. En première heure de matinée, ils étaient encore nombreux. En fin d'après-midi, l'effectif avait fondu. J'aurai dû prendre la photo au début. Tant pis, j'ai fait avec celles qui restaient (vignette 2). Avec les ES, nous avons fait un exercice, que nous devrions normalement continuer mercredi. Globalement, cette classe a posé problème, mais les meilleurs sont fidèles et sauvent un peu l'honneur.

L'année scolaire 2 009 - 2 010 ne sera plus bientôt qu'un souvenir, mes billets et ces quelques photos pour lutter contre l'oubli. Je vais entrer dans trois longs mois sans cours mais non sans travail. En septembre, mon lycée aura basculé dans une autre période, une nouvelle ère de son histoire : le proviseur et le proviseur-adjoint s'en vont. De quoi alimenter de nombreux billets de Prof Story !

dimanche 6 juin 2010

Chez mes amis belges.






J'ai passé tout mon samedi en Belgique, près de Mons, à l'invitation des Cercles Condorcet du Septentrion, qui regroupent des clubs de réflexion français et belges de la mouvance laïque, se reconnaissant dans la pensée du révolutionnaire marquis de Ribemont. La présidence était assurée par le délicieux Jean Semal, un personnage tout en humour et douceur. Le thème de nos travaux d'hier portait sur "La citoyenneté participative, innovante et solidaire".

Mon laïus s'intitulait "Limites et paradoxes de la participation citoyenne", dont je vous joins la trame (vignette 3). J'ai voulu montrer que l'idéal du citoyen-roi, qui est celui de tout républicain, n'était pas sans poser de problèmes : la dissolution de l'intérêt général dans les intérêts particuliers, le soupçon systématique envers les institutions les plus républicaines, l'irrationalité de certains discours devenus sauvages, le lissage du débat au moyen d'une soft langue politiquement correcte, la domination des grands médias malgré l'explosion de l'internet, etc ...

Vignette 1: la photo de fin, juste avant de nous quitter. A mes côtés : Gérard Blanquart, président du Cercle Condorcet de l'Aisne, Martine Gérard, trésorière de ce Cercle, Raoul Pierard, ancien sénateur et président du Cercle Condorcet Picardie, la vice-présidente du Septentrion, Jean Semal et Jean-Pierre Pourtois.

Vignette 2 : un aperçu de la tribune lors de mon intervention. J'avais chaud, mal au crâne mais mon message est passé.

samedi 5 juin 2010

La révolte des corps et des chaises.




Hier après-midi, j'ai animé un goûter philo sur le thème de l'amour (vignette 2, la trame), avec les élèves de l'école primaire de Neuilly Saint-Front (vignette 1). Etait-ce la grosse chaleur ? Je les ai trouvés un peu remuant, des corps qui s'agitaient comme des vers coupés, des pieds de chaise qui grinçaient, bref tout ce qui m'irrite. Mais je suis enseignant : c'est mon métier de faire face, je ne m'en plains pas.

A moins que la petite agitation n'ait été provoquée par mes grandes exigences : d'abord je leur ai interdit de se répéter. C'est fréquent chez l'enfant de redire, quasi mécaniquement, ce qu'un autre enfant a déjà dit. Sauf qu'un être humain n'est pas un perroquet. Ce mimétisme si fréquent chez les adultes, il faut essayer d'en sauver les plus petits.

Ensuite, je leur ai demandé de bien distinguer entre une remarque générale (proprement philosophique) et un cas particulier (qui pour cette raison n'a pas valeur de preuve). Remarquer que l'homme aime les bêtes, oui. Mais dire juste après qu'on aime les chats, non ! Cette dernière intervention n'apporte strictement rien de nouveau à la réflexion.

Vous comprenez peut-être mieux pourquoi, dans la fournaise de la dernière heure de la semaine, les corps et les chaises se sont révoltés.

vendredi 4 juin 2010

Deux petits conseils.




On croit parfois qu'il faut un long temps de préparation pour animer un débat. Non, je suis rodé, pas besoin. Mais je vais vous livrer le secret d'une bonne animation : dormir une heure juste avant et prendre une douche froide en se levant. Alors vous êtes sur le pied de guerre ...

En parlant de guerre, hier c'était un débat sur la Résistance, avec une douzaine d'invités. Pas facile à animer, surtout quand l'objectif est d'établir un dialogue avec le public. Certains orateurs sont inévitablement trop longs. Mais comment les interrompre, quand il s'agit de personnes âgées et de vénérables résistants ? Je ne veux pas paraître discourtois, je me dois pourtant de veiller à l'efficacité de la soirée.

Ça s'est très bien passé. Un petit conseil : quand vous voulez terminer une réunion publique à 21h00, annoncez qu'elle s'achèvera à 20h30 et vous atteindrez le premier objectif ! C'était ma ruse d'hier. La rencontre s'est prolongée par un dîner à la terrasse de L'Univers, dans une ambiance crépusculaire délicieuse. Entendre un résistant vous parler d'événements tragiques d'il y a 70 ans, comme s'ils étaient encore présents, c'est impressionnant et indispensable. L'esprit de la Résistance doit continuer à nous inspirer.


Vignette 1 : à la fin, la photo de groupe.
Vignette 2 : dans la salle, lors d'une intervention.

jeudi 3 juin 2010

Les rescapés de la TES2.


Cet après-midi, à 16h45, avec le petit groupe de rescapés de la classe de TES2. La photo est de Bruno (à droite). Voilà ce qui arrive quand le professeur croit que ses élèves sont bien sagement derrière lui.

mercredi 2 juin 2010

Bohain et Gauchy.





Vignette 1 : hier, au Centre socio-culturel de Bohain, j'animais un débat sur "le bonheur d'être parent", dans le cadre de la Semaine des Parents. Notre échange ressemblait plus à un groupe de parole qu'à un café philo. Qu'importe ! L'essentiel est d'échanger, de réfléchir un peu et de passer un bon moment.

Vignette 2 : cet après-midi, à la Maison du Sophora de Gauchy, j'animais un atelier philo sur le thème, choisi par les résidents : "Le regard de l'autre face au handicap". Je suis ici en compagnie des deux animateurs, Gaëtan et Eric.

Vignette 3 : la trame des questions à partir de laquelle nous avons travaillé. Le regard est un très beau sujet philo, d'une profondeur inépuisable.

mardi 1 juin 2010

Venez, voyez, résistez !




Début jeudi du Mois de la Résistance, avec Rencontre Citoy'Aisne et plusieurs partenaires. Partant des 70 ans de l'appel du 18 juin, nous avons voulu nous interroger, pour hier, aujourd'hui et demain, sur la notion de résistance : qu'est-ce qui fait qu'on choisit de résister ? A qui résiste-t-on ? Quels sont les moyens de la résistance ? Y a-t-il une dénaturation de la résistance ? etc ...

Nous commencerons par une table ronde regroupant d'anciens responsables de réseaux, des présidents d'associations et le musée de Fargniers. Nous serons au théâtre de Fervaques, je compte bien réunir au moins 100 à 200 personnes. Ce ne seront pas des conférences ou des témoignages (avec une dizaine d'invités, c'est impossible) mais des échanges avec la salle, dont j'assurerai l'animation.

Deux séances de Ciné Philo ont été prévues : d'abord un documentaire de 1972, présentant une figure mythique de la résistance à la discrimination, Angela Davis, suivi d'un débat assuré par mes amis de la Ligue de l'enseignement de l'Oise ; puis un film de fiction qui va bientôt sortir, le dernier Romain Goupil, Les mains en l'air, racontant la résistance d'enfants d'une école protégeant leur camarade, enfant de clandestins, qui risque l'expulsion. Cette fois, le débat sera animé par un responsable de RESF, une association qui intervient dans ce genre de situation.

Pour finir, le Café Philo se saisira de l'événement, dans le style iconoclaste qui est le sien et qui fait son succès. Nous nous poserons la question suivante : Le rebelle est-il un héros ou un emmerdeur ? Toutes ces manifestations sont gratuites, sauf l'entrée du cinéma pour le Goupil (tarif réduit : 5.50 euros). En juin, venez, voyez et résistez !