Hier soir s'est tenu le premier conseil d'administration du lycée de l'année scolaire. J'en suis membre depuis plus de dix ans! Trois heures et demi de débats, suivies d'un sympathique buffet. Un CA, c'est quoi? Une disposition de table en U, une séance présidée par le proviseur, flanqué de son adjoint et de l'intendant, et une petite vingtaine d'administrateurs: des enseignants, des personnels ouvriers et administratifs, des parents, le conseiller principal d'éducation, le représentant de la Ville.
Cette première séance de l'année installe le CA. Le climat est donc plutôt calme, le déroulement conventionnel. Plusieurs instances sont constituées:
- La commission permanente (un CA restreint, qui prépare les dossiers).
- Le conseil de discipline (au lycée, il ne se réunit presque jamais; au collège, si!).
- Le conseil de vie lycéenne (chargé d'écouter les revendications des élèves).
- La commission d'hygiène et sécurité.
- Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté.
Je me suis porté candidat au CESC (pour organiser, entre autres, la semaine contre le racisme), au CVL (pour le Ciné-Philo, qui propose des places gratuites aux lycéens) et au conseil de discipline.
Le chef d'établissement présente son rapport de rentrée, un épais document plein de statistiques, camemberts, courbes, chiffres, pourcentages. Nous passons en revue le projet d'établissement, c'est-à-dire le contrat d'objectifs que le lycée signe avec le rectorat, puis les projets, sorties et voyages, conventions et partenariats, qui nécessitent l'approbation du conseil d'administration.
Même si le CA est plus consultatif que décisionnel, il a une fonction politique, il fait des choix, il arbitre des conflits, il fixe des orientations. Il ne gère pas l'établissement, il arrête sa politique. Passé l'ordre du jour, les questions diverses sont souvent les plus intéressantes. Hier soir s'est posé le problème de l'ouverture de l'internat le dimanche soir et les jours fériés. Les élèves y sont favorables, ce serait beaucoup plus pratique pour ceux qui habitent loin.
Mais l'administration hésite, non par mauvaise volonté, mais parce qu'il n'y a pas de personnel pour assurer. Si un accident a lieu, pas d'infirmière, pas de surveillant: on fait comment? C'est alors la responsabilité du proviseur qui est engagée. On comprend son hésitation! L'ouverture de l'internat le dimanche soir? Ce sera l'un des points à l'ordre du jour du prochain CA, début décembre.
mardi 11 novembre 2008
dimanche 9 novembre 2008
Corrigé n°2.
Peut-on désirer être immortel? Voilà donc le fameux sujet qui a été "mortel" pour la quasi totalité des élèves, en m'exprimant comme eux. En introduction, il fallait préciser d'abord que la question porte sur un désir singulier, l'immortalité, et pas sur la réalité de celle-ci, puisque de fait les êtres humains sont mortels. Ensuite, il fallait poser le problème: comme se fait-il qu'une créature intelligente éprouve-t-elle un sentiment aussi absurde?
Le plan de mon développement se décompose en cinq parties:
1- On désire être immortel par peur de la mort.
a) Le désir est aveugle, il refuse de voir l'horreur de la mort et s'invente donc l'immortalité.
b) Le désir est si puissant qu'on ne peut rien contre son élan, y compris quand il refuse absurdement la mort.
2- On désire être immortel par instinct de survie.
a) Le désir ne se commande pas, c'est une pulsion de vie.
b) La vie ne peut que désirer la vie et son prolongement infini bien qu'illusoire.
3- Qu'est-ce qui alimente ce désir d'être immortel?
a) D'abord la croyance, qui repose sur l'ignorance de l'après-mort, telle qu'elle se manifeste dans les religions.
b) Ensuite l'imagination, fondée sur l'incrédulité de notre propre disparition: l'esprit est si fort qu'il ne se voit pas réduit à néant.
4- Comment se traduit le désir d'immortalité, de façon simple?
a) A travers la descendance, la progéniture, le prolongement biologique de soi-même (sinon personne ne désirerait d'enfant!).
b) A travers la mémoire, par le biais de la renommée, de la gloire.
5- Comment se traduit le désir d'immortalité, de façon plus complexe?
a) Dans la création, en particulier l'art, qui est une façon de s'immortaliser à travers ses oeuvres.
b) Dans l'amour, où la passion se veut éternelle.
En conclusion, j'affirme qu'un être mortel ne peut que désirer être immortel, que c'est le contraire qui serait absurde. J'ajoute que cette immortalité n'est pas individuelle (puisque chacun d'entre nous est condamné à mort) mais qu'elle passe par l'autre, les autres, dans la mémoire qu'ils gardent de moi.
Le plan de mon développement se décompose en cinq parties:
1- On désire être immortel par peur de la mort.
a) Le désir est aveugle, il refuse de voir l'horreur de la mort et s'invente donc l'immortalité.
b) Le désir est si puissant qu'on ne peut rien contre son élan, y compris quand il refuse absurdement la mort.
2- On désire être immortel par instinct de survie.
a) Le désir ne se commande pas, c'est une pulsion de vie.
b) La vie ne peut que désirer la vie et son prolongement infini bien qu'illusoire.
3- Qu'est-ce qui alimente ce désir d'être immortel?
a) D'abord la croyance, qui repose sur l'ignorance de l'après-mort, telle qu'elle se manifeste dans les religions.
b) Ensuite l'imagination, fondée sur l'incrédulité de notre propre disparition: l'esprit est si fort qu'il ne se voit pas réduit à néant.
4- Comment se traduit le désir d'immortalité, de façon simple?
a) A travers la descendance, la progéniture, le prolongement biologique de soi-même (sinon personne ne désirerait d'enfant!).
b) A travers la mémoire, par le biais de la renommée, de la gloire.
5- Comment se traduit le désir d'immortalité, de façon plus complexe?
a) Dans la création, en particulier l'art, qui est une façon de s'immortaliser à travers ses oeuvres.
b) Dans l'amour, où la passion se veut éternelle.
En conclusion, j'affirme qu'un être mortel ne peut que désirer être immortel, que c'est le contraire qui serait absurde. J'ajoute que cette immortalité n'est pas individuelle (puisque chacun d'entre nous est condamné à mort) mais qu'elle passe par l'autre, les autres, dans la mémoire qu'ils gardent de moi.
samedi 8 novembre 2008
Corrigé n°1.
Voici le corrigé du premier devoir surveillé: la recherche du plaisir est-elle le but de la vie? En introduction, je précise la question: il ne s'agit pas de disserter vaguement sur les avantages ou les inconvénients du plaisir mais de se demander si la recherche de celui-ci peut constituer "le but de la vie". La question est lourde et problématique: pourquoi pas d'autres buts de la vie? N'y a-t-il pas des plaisirs peu glorieux?
Première partie: ordinairement, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Non, la vie est consacrée à bien d'autre chose, par exemple le travail, tout le contraire d'un plaisir, et qui prend une grande part de la vie.
2- Cependant, une vie sans recherche de plaisir est inconcevable. Mais cela suffit-il à l'ériger en but de l'existence?
Deuxième partie: du point de vue de sa facilité, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Parce que le plaisir est à portée de main, il ne peut pas être un but, nécessairement lointain.
2- Un but qu'on se donne implique volonté et intelligence; or le plaisir est spontané, naturel.
3- Un but est un aboutissement; il serait donc illogique de faire du plaisir une fin, car on l'espère immédiatement.
Troisième partie: du point de vue de sa diversité, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Un but est unique, or le plaisir est multiple, et même infini.
2- Un but exige une cohérence pour y parvenir, or le plaisir peut être contradictoire (on jouit autant du bien que du mal).
Quatrième partie: du point de vue de sa brièveté, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Non, car un but est la recherche de quelque chose de durable, sinon à quoi bon le poursuivre?
2- Parce que le plaisir est superficiel, il ne peut être le but de la vie, nécessairement élevé.
Cinquième partie: parce qu'il est essentiellement corporel, sensitif, le plaisir peut-il être le but de la vie?
1- Seules les activités de l'esprit méritent de figurer au titre de but de la vie.
2- La joie est certes un plaisir de l'esprit, mais dont on conçoit difficilement qu'elle devienne le but de la vie.
3- La recherche du plaisir peut conduire au mal, alors que le but de la vie doit s'astreindre au bien.
Sixième partie: d'autres buts de la vie sont-ils envisageables?
1- L'amour, la gloire, la réussite, la fortune, le pouvoir et par dessus tout le bonheur.
2- Mais en chacun de ces buts réside une part de plaisir.
Je conclus la dissertation en trois points:
- Le plaisir est un moyen, pas un but de la vie.
- Le plaisir est plus et mieux qu'un but: c'est la vie même, jouir de respirer, de bouger, d'exister!
- Parce que le plaisir est indissociable de la souffrance, il ne peut pas être le but de la vie, qui implique idéal et perfection.
Première partie: ordinairement, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Non, la vie est consacrée à bien d'autre chose, par exemple le travail, tout le contraire d'un plaisir, et qui prend une grande part de la vie.
2- Cependant, une vie sans recherche de plaisir est inconcevable. Mais cela suffit-il à l'ériger en but de l'existence?
Deuxième partie: du point de vue de sa facilité, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Parce que le plaisir est à portée de main, il ne peut pas être un but, nécessairement lointain.
2- Un but qu'on se donne implique volonté et intelligence; or le plaisir est spontané, naturel.
3- Un but est un aboutissement; il serait donc illogique de faire du plaisir une fin, car on l'espère immédiatement.
Troisième partie: du point de vue de sa diversité, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Un but est unique, or le plaisir est multiple, et même infini.
2- Un but exige une cohérence pour y parvenir, or le plaisir peut être contradictoire (on jouit autant du bien que du mal).
Quatrième partie: du point de vue de sa brièveté, la recherche du plaisir est-elle le but de la vie?
1- Non, car un but est la recherche de quelque chose de durable, sinon à quoi bon le poursuivre?
2- Parce que le plaisir est superficiel, il ne peut être le but de la vie, nécessairement élevé.
Cinquième partie: parce qu'il est essentiellement corporel, sensitif, le plaisir peut-il être le but de la vie?
1- Seules les activités de l'esprit méritent de figurer au titre de but de la vie.
2- La joie est certes un plaisir de l'esprit, mais dont on conçoit difficilement qu'elle devienne le but de la vie.
3- La recherche du plaisir peut conduire au mal, alors que le but de la vie doit s'astreindre au bien.
Sixième partie: d'autres buts de la vie sont-ils envisageables?
1- L'amour, la gloire, la réussite, la fortune, le pouvoir et par dessus tout le bonheur.
2- Mais en chacun de ces buts réside une part de plaisir.
Je conclus la dissertation en trois points:
- Le plaisir est un moyen, pas un but de la vie.
- Le plaisir est plus et mieux qu'un but: c'est la vie même, jouir de respirer, de bouger, d'exister!
- Parce que le plaisir est indissociable de la souffrance, il ne peut pas être le but de la vie, qui implique idéal et perfection.
vendredi 7 novembre 2008
Jour de rentrée.
Comment s'est passée ma rentrée? Comme une rentrée... Les élèves me devaient un devoir, le troisième de l'année, la dernière note du trimestre (une note par mois, c'est le bon rythme). Je voulais aussi les faire travailler un peu pendant les vacances. Tout le monde a respecté la date et rendu sa copie, à deux exceptions (n'en faut-il pas pour confirmer la règle?): celui dont je vous ai dernièrement parlé et qui m'a donné sa dissert ce matin, et un élève de S, perpétuellement absent (c'est le fameux qui m'avait déjà joué "un tour de cochon", selon le titre du billet d'alors).
De même, je leur ai rendu leurs devoirs surveillés, corrigés pendant mes vacances. C'était un peu la soupe à la grimace, les résultats étant beaucoup moins bons que les précédents. Mais peu importe: il suffit d'expliquer pourquoi, je l'ai fait longuement et j'ai commencé à donner des corrigés détaillés (la dictée, ce n'est plus possible, avec trois sujets ça prendrait trop de temps). Il suffit aussi de dire aux élèves ce que j'attends d'eux: pas nécessairement qu'ils aient de bonnes notes, du moins pas immédiatement, mais qu'ils progressent. Travailler, c'est progresser.
Gros plantage ce matin: mes Terminales L, dont je suis le prof principal, devaient s'inscrire pour le bac, entre 9h00 et 10h00, et donc aller en salle informatique. Le proviseur-adjoint m'avait prévenu, avant les vacances, par note écrite... ce que j'ai complètement oublié. De plus, j'étais au CDI, à la recherche d'un bouquin de philo, "Qu'est-ce que la philosophie antique?" de Pierre Hadot. Bref, je suis arrivé un peu en retard dans ma classe, en croisant le proviseur-adjoint dans l'escalier, parti à ma recherche. Ca la fiche mal!
De même, je leur ai rendu leurs devoirs surveillés, corrigés pendant mes vacances. C'était un peu la soupe à la grimace, les résultats étant beaucoup moins bons que les précédents. Mais peu importe: il suffit d'expliquer pourquoi, je l'ai fait longuement et j'ai commencé à donner des corrigés détaillés (la dictée, ce n'est plus possible, avec trois sujets ça prendrait trop de temps). Il suffit aussi de dire aux élèves ce que j'attends d'eux: pas nécessairement qu'ils aient de bonnes notes, du moins pas immédiatement, mais qu'ils progressent. Travailler, c'est progresser.
Gros plantage ce matin: mes Terminales L, dont je suis le prof principal, devaient s'inscrire pour le bac, entre 9h00 et 10h00, et donc aller en salle informatique. Le proviseur-adjoint m'avait prévenu, avant les vacances, par note écrite... ce que j'ai complètement oublié. De plus, j'étais au CDI, à la recherche d'un bouquin de philo, "Qu'est-ce que la philosophie antique?" de Pierre Hadot. Bref, je suis arrivé un peu en retard dans ma classe, en croisant le proviseur-adjoint dans l'escalier, parti à ma recherche. Ca la fiche mal!
mercredi 5 novembre 2008
Le chemin des écoliers.
Dernières heures de vacances, qui n'appartiennent déjà plus vraiment aux vacances. De retour chez moi, un message sur mon répondeur, laissé par un élève, m'annonce qu'il n'aura pas demain sa copie, parce qu'il l'a oubliée chez une copine, si j'ai bien compris son histoire un peu embrouillée. Demain, en effet, les élèves doivent me rendre leur troisième devoir de l'année, et moi je leur donnerai leurs copies de devoir surveillé, corrigées pendant les vacances (j'ai terminé le dernier paquet dans le train aujourd'hui). Les résultats ne sont pas très bons, j'ai précédemment expliqué pourquoi.
L'élève a eu raison de me prévenir. C'est ce que j'ai demandé. Je n'aime pas les mauvaises surprises. Mais sa justification n'est pas très claire. Serait-ce un prétexte, une ruse? Je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir. Sur le fond, ça ne change pas grand-chose qu'il me rende la copie jeudi ou vendredi. C'est seulement, mais j'y tiens beaucoup, une question de principe: par respect pour toute la classe, pour garder une stricte égalité entre tous les élèves, les horaires de remise des travaux doivent être rigoureusement suivis. Sauf cas de force majeure. J'ai plutôt l'impression que la situation exposée est de force mineure. On verra ça de plus près demain.
Sur ma messagerie, par le biais du site "Copains d'avant", je reçois deux messages d'anciennes élèves qui veulent reprendre le contact. Elles étaient en Terminale il y a cinq ou six ans. L'une est devenu commerciale, l'autre professeur des écoles. Ca fait toujours plaisir de savoir et de se revoir.
J'ai préparé comme chaque soir mon cartable pour demain, avec les trois gros paquets de copies corrigées et les cinq livres que j'ai empruntés au CDI juste avant le départ en vacances. Ca se passe comment une veille de rentrée? Ca se passe normalement, sans rien de particulier, sauf l'alarme de mon téléphone portable que je dois programmer pour sept heures. C'est bien fini, le stress que j'éprouvais quand, élève, je devais retrouver le chemin des écoliers.
L'élève a eu raison de me prévenir. C'est ce que j'ai demandé. Je n'aime pas les mauvaises surprises. Mais sa justification n'est pas très claire. Serait-ce un prétexte, une ruse? Je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir. Sur le fond, ça ne change pas grand-chose qu'il me rende la copie jeudi ou vendredi. C'est seulement, mais j'y tiens beaucoup, une question de principe: par respect pour toute la classe, pour garder une stricte égalité entre tous les élèves, les horaires de remise des travaux doivent être rigoureusement suivis. Sauf cas de force majeure. J'ai plutôt l'impression que la situation exposée est de force mineure. On verra ça de plus près demain.
Sur ma messagerie, par le biais du site "Copains d'avant", je reçois deux messages d'anciennes élèves qui veulent reprendre le contact. Elles étaient en Terminale il y a cinq ou six ans. L'une est devenu commerciale, l'autre professeur des écoles. Ca fait toujours plaisir de savoir et de se revoir.
J'ai préparé comme chaque soir mon cartable pour demain, avec les trois gros paquets de copies corrigées et les cinq livres que j'ai empruntés au CDI juste avant le départ en vacances. Ca se passe comment une veille de rentrée? Ca se passe normalement, sans rien de particulier, sauf l'alarme de mon téléphone portable que je dois programmer pour sept heures. C'est bien fini, le stress que j'éprouvais quand, élève, je devais retrouver le chemin des écoliers.
mardi 4 novembre 2008
Problématiser.
J'ai terminé mes deux premiers paquets de copies (S et ES), j'ai seulement commencé les L. Le sujet "Peut-on désirer être immortel?" a été particulièrement mal traité. Beaucoup d'élèves se sont interrogés sur l'immortalité, pas sur le désir d'immortalité. Du coup, on aboutit à des réflexions qui relèvent plus de la science-fiction ou du roman fantastique que de l'interrogation et de la rationalité philosophiques.
Ou alors l'élève tombe dans l'évidence, la banalité: à quoi bon se demander si l'immortalité a des avantages? Bien sûr que personne n'a envie de mourir! Un peu plus originales sont les critiques de l'immortalité. Mais oui, celle-ci n'est peut-être pas aussi désirable qu'on le croit: une éternité de souffrance ou d'ennui ne serait guère enviable. Et même une éternité de bonheur: qui sait si on ne finirait pas par s'en lasser, la vie perdant alors toute valeur, cette dernière dépendant de la rareté, de la fragilité, de l'unicité de la vie?
Que fallait-il faire pour réussir ce sujet? Ce qu'il faut toujours faire en philosophie, ce qui est le commencement de toute pensée: pro-blé-ma-ti-ser? Une question de philosophie doit devenir une question philosophique, sinon elle demeure une question ordinaire qui suscitera des réponses ordinaires. Nous ne sommes pas là pour ça. Bref, l'élève doit a-na-ly-ser le sujet.
"Peut-on désirer être immortel?" Problématisons, recherchons dans cette question un problème: pourquoi l'être humain aspire-t-il à l'immortalité alors que ce désir est impossible à satisfaire? Voilà quelle était la bonne question, le bon départ. Et les réponses? Je vous donnerai prochainement le corrigé de ce sujet, mais je peux déjà vous dire que l'amour, l'art, la reproduction, la gloire, les activités de l'esprit sont des accès réels à des formes d'immortalité, auxquelles mes élèves n'ont hélas pas songé. Je leur souhaite tout de même une bonne fin de vacances. On s'expliquera jeudi.
Ou alors l'élève tombe dans l'évidence, la banalité: à quoi bon se demander si l'immortalité a des avantages? Bien sûr que personne n'a envie de mourir! Un peu plus originales sont les critiques de l'immortalité. Mais oui, celle-ci n'est peut-être pas aussi désirable qu'on le croit: une éternité de souffrance ou d'ennui ne serait guère enviable. Et même une éternité de bonheur: qui sait si on ne finirait pas par s'en lasser, la vie perdant alors toute valeur, cette dernière dépendant de la rareté, de la fragilité, de l'unicité de la vie?
Que fallait-il faire pour réussir ce sujet? Ce qu'il faut toujours faire en philosophie, ce qui est le commencement de toute pensée: pro-blé-ma-ti-ser? Une question de philosophie doit devenir une question philosophique, sinon elle demeure une question ordinaire qui suscitera des réponses ordinaires. Nous ne sommes pas là pour ça. Bref, l'élève doit a-na-ly-ser le sujet.
"Peut-on désirer être immortel?" Problématisons, recherchons dans cette question un problème: pourquoi l'être humain aspire-t-il à l'immortalité alors que ce désir est impossible à satisfaire? Voilà quelle était la bonne question, le bon départ. Et les réponses? Je vous donnerai prochainement le corrigé de ce sujet, mais je peux déjà vous dire que l'amour, l'art, la reproduction, la gloire, les activités de l'esprit sont des accès réels à des formes d'immortalité, auxquelles mes élèves n'ont hélas pas songé. Je leur souhaite tout de même une bonne fin de vacances. On s'expliquera jeudi.
lundi 3 novembre 2008
Vacances de prof.
Que fait un prof en vacances? Il travaille! Ce n'est pas une boutade. Quelques jours loin de mon lycée, j'ai pris avec moi mes trois paquets de copies, résultat du premier devoir surveillé donné une semaine avant les vacances et que je rendrai aux élèves à la rentrée, jeudi. En période de cours, ces corrections prennent du temps, je les étale sur environ quinze jours. C'est pourquoi les vacances sont une vraie aubaine: enfin le temps m'est donné pour effectuer ce travail!
J'ai terminé hier ma classe scientifique et j'ai commencé les ES. Qu'est-ce que ça donne? Les résultats sont évidemment moins bons qu'à la maison. Temps limité, travail solitaire, pas d'accès à des sources extérieures d'inspiration, c'est une épreuve, à tous les sens du terme. Mais il est bon que mes élèves s'y mettent, dès maintenant, tranquillement.
La recherche du plaisir est-il le but de la vie? Ce premier sujet a souvent négligé l'essentiel, le but de la vie, au profit d'une réflexion trop vague, moins précise, moins problématique, donc moins intéressante sur le plaisir en général, ses bienfaits et ses inconvénients. Bon nombre d'élèves ont confondu plaisir et bonheur, qui ne désignent pourtant pas la meme chose.
Peut-on désirer etre immortel? Ce deuxième sujet a lui aussi provoqué des contresens, le principal étant de réfléchir à une fictive immortalité, en négligeant l'essentiel, le désir d'immortalité, et pourquoi une telle absurdité est néanmoins éprouvée par l'homme.
J'ai terminé hier ma classe scientifique et j'ai commencé les ES. Qu'est-ce que ça donne? Les résultats sont évidemment moins bons qu'à la maison. Temps limité, travail solitaire, pas d'accès à des sources extérieures d'inspiration, c'est une épreuve, à tous les sens du terme. Mais il est bon que mes élèves s'y mettent, dès maintenant, tranquillement.
La recherche du plaisir est-il le but de la vie? Ce premier sujet a souvent négligé l'essentiel, le but de la vie, au profit d'une réflexion trop vague, moins précise, moins problématique, donc moins intéressante sur le plaisir en général, ses bienfaits et ses inconvénients. Bon nombre d'élèves ont confondu plaisir et bonheur, qui ne désignent pourtant pas la meme chose.
Peut-on désirer etre immortel? Ce deuxième sujet a lui aussi provoqué des contresens, le principal étant de réfléchir à une fictive immortalité, en négligeant l'essentiel, le désir d'immortalité, et pourquoi une telle absurdité est néanmoins éprouvée par l'homme.
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