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J'ai déniché ce petit article (en vignette) dans Le Canard Enchaîné de début février, à propos d'un livre qui vient de sortir, "Ecole, la servitude au programme", de Florent Goujet, professeur de lettres. Son sujet : l'entrée du numérique dans les classes, le fameux ENT, Environnement Numérique de Travail. Fini le tableau noir, vive le tableau numérique interactif ! Tout un tas de joujoux nous sont proposés, imposés, mais sont-ils pertinents ? Goujet répond que non, pour plusieurs raisons :
1- Le numérique entraîne de nombreuses perturbations chez les élèves : problèmes de vue, baisse de la capacité d'écoute, difficultés de mémorisation, appauvrissement du langage ...
2- L'ordinateur invite à une approche superficielle et quantitative des connaissances, sans véritable approfondissement et maîtrise.
3- L'enseignant prend le risque de se voir réduit au rôle d'assistant technique.
4- Le numérique est sans doute ludique, mais que peut-il contre les maux qui frappent le système scolaire, absentéisme, ennui, démotivation ?
5- Le numérique représente surtout un vaste marché dont les produits exigent maintenance et renouvellement constant. Son critère de développement est plus le profit que l'utilité.
Je ne sais trop ce qu'il faut penser de tout cela. Le progrès technique a toujours suscité des réticences qui ont fini par être surmontées. Mais il est bon d'y réfléchir, pour que l'écran de l'ordinateur ne soit pas un écran de fumée.